Un Cessna 337 obligé de se poser sur un tapis de mousse en Guyane
Il est 14h45, hier après-midi. La scène qui se déroule sur le tarmac de l'aéroport de Rochambeau paraît irréaliste. Sur la piste couverte de mousse, une vingtaine de personnes se pressent autour d'un petit avion de tourisme, pompiers, gendarmes, personnels de l'aéroport et quelques personnes en civil. L'avion, un Cessna, est posé sur le ventre!
Alors que deux camions de pompiers s'activent pour enlever le tapis de mousse à la lance à eau, tout le monde met la main à la pâte pour relever la queue de l'appareil et glisser un chariot sous son ventre. Après de nombreuses minutes, l'opération réussit et le Cessna peut être poussé hors de la piste. « Nous avons beaucoup de chance que l'avion de Paris soit en retard! » sourit Marie-Joseph Pinville, directeur par intérim de l'aéroport.
Tout a commencé deux heures plus tôt. A 12h50 précisément, lorsque le pilote du Cessna, en provenance de Maripa-Soula avec cinq personnes à bord, informe la tour de contrôle d'un problème technique : le train d'atterrissage arrière refuse de sortir. Aussitôt prévenu, le commandant Lama, chef du service de sécurité et de lutte contre les incendies de l'aéroport, prend les choses en main sous la direction de Marie-Joseph Pinville. « Nous avons tout de suite demandé quelle autonomie avait l'appareil, raconte le commandant Lama, car cela conditionne notre réaction. La réponse était de cinq heures, ce qui nous a permis de prendre des dispositions opérationnelles pour permettre un atterrissage forcé. »
Un atterrissage en douceur
A 13h20, après avoir prévenu les services de la préfecture, du Samu et du Sdis, la décision est prise. « On a décidé, avec le pilote, la mise en place d'un tapis de mousse sur 500 m pour amortir les frottements au moment où l'avion touchera le sol. » L'opération ne prend que quelques minutes et une fois tout le dispositif en place, l'autorisation d'atterrir est accordée au pilote.
Suivi d'un hélicoptère avec lequel il est relié par radio, l'appareil survole plusieurs fois la piste avant de se poser sur le ventre à 14h18. Un témoin raconte : « Il y avait une forte tension quand il s'est approché de la piste. Mais le pilote est très fort, il a réussi à planer à 30 cm au-dessus du sol avant d'atterrir en douceur. » La tension peut alors retomber et quelques applaudissements retentissent. Pour le commandant Lama, « c'est le professionnalisme qui a fait que tout s'est bien passé. Tout le dispositif s'est mis en place très vite avec une bonne cohésion, c'est ce qui a permis la réussite de l'opération. Ça, et le fait d'avoir affaire à un pilote chevronné. » Une enquête a été ouverte par la gendarmerie de l'aéroport.
source : france guyane
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